Mon enfant est trans*

Il est possible qu’un jour votre enfant se confit à vous sur sa variance de genre ou transidentité. Cette confidence peut engendrer plusieurs sentiments : vous pouvez vous sentir surpris, ému, choqué, déstabilisé, touché, bouleversé, impuissant ou encore privilégié d’avoir reçu cette confidence et cette marque de confiance. Bien que cette situation puisse être inconnue, difficile, vous rendre mal à l’aise ou ne pas s’inscrire dans le cadre de vos valeurs, souvenez-vous que votre enfant a choisi de se confier à vous, ce qui n’est pas banal. Il aussi peut vivre une foule d’émotions à ce moment : il peut être stressé dans l’attente de votre réaction, craindre les possibles répercussions, s’être construit divers scénarios, être découragé quant à sa situation, soulagé de l’avoir enfin dit, etc. Dans tous les cas, il faut vous rappeler trois choses :

1. Votre enfant reste la même personne, avec ses qualités, ses espoirs, ses rêves et ses projets.
2. Votre enfant n’a pas choisi sa situation ni ses sentiments. Il a seulement choisi de vous en faire part à vous.
3. Votre enfant a besoin de réconfort, de soutien, de compréhension et d’amour, et compte désormais sur vous.

S’il vous est difficile d’accepter cette réalité, pensez au courage qu’il lui a fallu pour vous en parler et inspirez-vous-en pour faire preuve de bravoure à votre tour et surtout, de compassion.

Sachez donc que la façon dont vous gérez votre réaction à cette annonce aura de grandes répercussions sur les sentiments de cette personne, d’où l’importance de prendre un temps d’arrêt pour placer vos idées et vos propres sentiments avant de réagir. Sachez également que la famille est une source clé de soutien pour les jeunes trans. En comprenant et soutenant leur enfant, les parents l’aident à se sentir en sécurité chez lui, ce qui contribue à sa santé et à son bien-être.

COMMENT RÉAGIR?



RECONNAISSEZ SON COURAGE.
Cette annonce est loin d’être banale dans la vie de cette personne. Il lui a fallu franchir plusieurs étapes avant de se rendre à vous, dont celle de se présenter avec honnêteté et en toute vulnérabilité. Dites-lui que vous savez à quel point il a dû être difficile pour elle de vous en parler et que vous admirez cette force.

ÉCOUTEZ-LE.
Il est bien important de lui laisser la place dont il a besoin pour vous témoigner de sa réalité. Bien que vous puissiez être déboussolé par la nouvelle, faites de votre mieux pour rester attentif : regardez-le dans les yeux, hochez la tête et évitez de l’interrompre et de poser vos questions. En ce moment, votre enfant a besoin de sentir qu’il est accueilli dans sa réalité et que vous êtes là pour écouter ce qu’il a à dire. Le temps de poser vos questions viendra plus tard.

EXPRIMEZ VOS SENTIMENTS.
Lorsqu’il semble avoir terminé, demandez-lui s'il a autre chose à ajouter avant que vous ne preniez la parole. Lorsque vous vous exprimez, prenez le temps de parler au « je » (exemple : je suis surpris, je m’y attendais, je ne sais pas quoi dire, etc.). Il souhaitera probablement savoir comment vous vous sentez et ce que vous en pensez. N’hésitez pas à le lui dire si vous ne savez pas comment réagir ou quoi dire : les moments de silence peuvent faire grandir son inquiétude, ne sachant pas comment interpréter ce silence. De plus, le fait d’exprimer vos sentiments contribuera à maintenir le dialogue et démontrera que vous êtes toujours présent. Exprimez-vous avec douceur, chaleur, humanité et respect. Faites preuve d’honnêteté en nommant vos malaises, en posant des questions sur les mots que vous ne connaissez pas, ou en expliquant que vous cherchez vos mots.

PRENEZ LE TEMPS QU’IL FAUT.
En tant que parent, il est important de prendre le temps de vous ressaisir avant de réagir. Parfois, on peut prendre une décision hâtive et la regretter par la suite. Rappelez-vous que votre enfant a eu besoin lui aussi d’un moment pour accepter sa propre identité. Vous avez également le droit d’avoir un moment pour recevoir la nouvelle, vous informer, placer vos sentiments et vos idées. Vous pourriez par exemple lui indiquer que vous auriez besoin d’un moment pour réfléchir à tout ça, comprendre votre rôle en tant que confident, et lui indiquer que vous ouvrirez la discussion lorsque vous serez prêt à le faire. Si tel est le cas, rassurez-le une nouvelle fois sur vos bons sentiments ; le respect, la compréhension et le désir de la soutenir, une fois partagés, soulageront grandement votre enfant et contribueront à son sentiment de bien-être, mais aussi au vôtre.

OBTENEZ LE SOUTIEN DONT VOUS AVEZ BESOIN.
Réfléchissez à vos besoins et cherchez les moyens pour y répondre. Que ce soit par un groupe de soutien, un organisme à but non lucratif, une ligne d’écoute, un professionnel de la santé et des services sociaux ou un cabinet privé, plusieurs services existent en lien avec ce que vous vivez et valent la peine d’être contactés pour votre mieux-être et celui de la personne qui s’est confiée à vous.

Pour tous besoins, contacter :

neo@le-neo.com
450 964.1860 | 1 800 964.1860

COMMENT L'AIDER?



RASSURER VOTRE ENFANT.
Dites-lui que vous le respectez et que vous serez là pour l’aider. Votre enfant est toujours le même et a besoin de sentir qu’il ne perdra pas les personnes qui comptent pour elle. Ce soutien contribuera grandement à son bien-être.

CONTINUEZ D'ÊTRE LÀ POUR LUI.
Encouragez-le à continuer de vous parler de ses préoccupations et de sa vie en général. Spécifiez que votre relation ne changera pas, que vous continuerez d’être là pour lui et que vous le soutiendrez. Rassurez-le en lui rappelant qu’il peut également compter sur l’appui et l’aide d’organismes ou de professionnels. Au besoin, vous pouvez chercher des ressources avec lui, l’accompagner aux rendez-vous, être avec lui pour d’autres dévoilements, etc.

INFORMEZ-VOUS.
Plus vous serez informé, mieux vous vous sentirez par rapport à cette réalité qui peut être nouvelle pour vous. Renseignez-vous à l’aide des bonnes ressources et faites le plein d’informations à jour et justes.

Est-ce que je ridiculise les personnes qui ne cadrent pas avec les stéréotypes masculins et féminins? Pour quelles raisons? Quels en sont les impacts possibles dans l’éducation de mon enfant?
Est-ce que j’ai tendance à restreindre l’accès à mon enfant à certaines tâches, activités, jouets, etc. parce qu’ils ne correspondent pas à ce qu’on associe à son genre? (Par exemple, être moins réceptif à ce que mon garçon démontre de l’intérêt pour la danse ou que ma fille démontre de l’intérêt pour les sports.). Pour quelles raisons? Quels en sont les impacts possibles dans l’éducation de mon enfant?
Est-ce que je varie les jeux et jouets que je présente à mon enfant sans égard à son genre? Pour quelles raisons? Quels en sont les impacts possibles dans l’éducation de mon enfant?
Est-ce que je valorise les mêmes qualités chez mon enfant, qu’il soit fille ou garçon? Pour quelles raisons? Quels en sont les impacts possibles dans l’éducation de mon enfant?

Vous pouvez également clarifier vos attitudes à l’égard de la diversité des genres et des orientations sexuelles en vous posant les questions suivantes :

Les stéréotypes masculins et féminins m’influencent-ils dans mon quotidien? Se reflètent-ils dans l’éducation de mon enfant?
La diversité sexuelle me dérange-t-elle? Qu’est-ce qui me dérange? Est-ce que ceci se reflète dans l’éducation de mon enfant?
Ai-je tendance à exclure la diversité sexuelle de mes exemples et interventions?
Est-ce que je tiens pour acquis que les gens qui m’entourent sont nécessairement hétérosexuels?
Est-ce que je sanctionne tout manque de respect à l’égard de la diversité des genres et des orientations sexuelles? De quelle façon?
Suis-je ouvert à recevoir les confidences d’une personne qui se questionne sur son orientation sexuelle ou son identité de genre? Comment je démontre cette ouverture?
Ai-je des préjugés en lien avec l’orientation sexuelle? Ai-je tendance à véhiculer certains mythes entourant l’orientation sexuelle? Est-ce que ceci se reflète dans l’éducation de mon enfant?

Tiré et inspiré de : SHEPELL FGI, une division de HRCO inc. 2009. Accueillir la nouvelle : Bien réagir à l’annonce de l’homosexualité ou de la bisexualité de votre adolescent, Vie et santé : Le mieux-être au travail. 2 pages.